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Tome second.
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ruf p h;pu s.

à table, les gardes dans la cour du cloître, le peuple dans la nie, el, poursuivre l’ordre des laits, franchissons la distance qui sépare Paris de laprovince de Franche-Uomté, où la propagande 's

des conquêtes plus faciles que celles tentées en vain par les années du roiLouis Xlll.

Lu soir, trois moines, venus isolément, firent en même temps une liait ■près la ville de Salins, à une hôtellerie voisine-d'un monastère dont, l’ab-hesse était madame de Itecy, célèbre par son esprit de sévère pénitenteet par la profonde piété de sa fille Odilie. Un de ces moines portait unerobe de drap blanc, serrée par nue ceinture de cuir de même couleur; sacuculle et son capuce blancs étaient recouverts d'une chape et d'un ca-puce noirs; c’était un disciple de Saint-Bruno dans le costume du voyage.

Le second moine était vêtu d’une robe grise mélangée de blanc ; augrand chapeau noir qui recouvrait sa tète, on reconnaissait un récollct.

A son vêtement brun , à son capuce rond isolé de la robe, à la cordenoire qui serrait fortement ses reins et à ses sandales de bois très-éle-vées, on pouvait dire : le troisième voyageur est un frère l’iepus.

Les trois moines venaient dans un même but ; chacun d’eux avait mis-sion d’attirer à son ordre l’abbesse de Salins; les voyageurs renoncèrentà établir entre eux une lutte de prédication ; il fut convenu que trois joursse passeraient en prières, que toute communication avec le monastèreserait interdite et que, le quatrième jour, les trois députés se présente-raient à la communauté et adresseraient en même temps leur requête àl'abbesse.

Le Récollet et le Chartreux firent appel à l’intervention divine pourobtenir la victoire; mais le Picpus crut devoir mettre en pratique cettesentence dont plus tard on lit un aphorisme révolutionnaire: Aide-toi, leciel t'aidera.

C’est peut-être au cloître de la rue Picpus qu’appartient l’invention duprospectus, à défaut de la presse, dont la puissance se résumait alors dansle Me rame, qui comptait à peine quelques années d’existence. Les frèresdu tiers-ordre de Saint-François occupaient leurs loisirs à transcrire denombreux exemplaires de l’histoire apologétique de leur ordre; ils or-naient ces copies de dessins à la plume et de délicieuses initiales d’azurrehaussées d’or; une bande nombreuse de jeunes colporteurs, élevés etformés au cloître, se répandaient en France et à l’étrangeret vendaient àvil prix ou donnaient ces petits livres, dans les châtellenies, les bourgs oules monastères. Un de ces adroits commis : voyageurs avait précédé de quel-ques jours à Salins le missionnaire de Picpus; un incident que le moineput croire providentiel servit en cette circonstance les intérêts de sonordre : une blanche palombe, venant du colombier de l’abbesse de Salins,s’abattit un matin sur la fenêtre de l’hôtellerie; le moine ne laissa pas