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partir lu messager sans utiliser son vol; il roula un de ses petits livres, lelîxa avec un ruban au cou du ramier, et il vil l’oiseau se diriger vers unclocheton qui servait de cellule aune jeune tille de la communauté.
Au quatrième jour, quand les trois moines se, présentèrent au monas-tère, madame de lîecy dit :
« Mes pères, je me donne au tiers-ordre de Saint-François. » Ue Récol-let et le Chartreux s’inclinèrent et partirent, et ils purent voir en traver-sant le cloître comment les frères de Saint-François pratiquaient la pro-pagande, car chaque nonne, jusqu’à la sœur touriére, avait en main unehistoire de Picpus.
L'abbesse se proposa de faire un pèlerinage au chef-lien de l’ordre ; elleemmena sa fille Odille et Blanche de Mezeray, la novice vers laquelle avaitvolé la colombe; il y avait peu de mois que cette jeune fille s’était réfu-giée au cloître.
« Venez, mon enfant, lui dit madame de Recy; ma présence double vosforces; depuis que Dieu vous a inspiré le pieux mensonge qui vous a faitmorte à la vie comme vous l’êtes au monde, le jeune comte de lloehe-chouartn’est plus eu France , et nous n’avons pas à craindre ses recherchesni son désespoir. Dieu vous enverra l’oubli, ma fille, comme déjà il vousa donné la résignation. »
Blanche de Mezeray était d’une noble mais pauvre souche, et elleavait sacrifié son amour aux intérêts de fortune de la famille de Itoclie-chouart, qui avait refusé d’unir les deux amants.
— « Oui, ma mère, la résignation m’est venue, et même dans mes rêvesDieu semble m’enseigner à me vaincre: cette nuit même, il m'a sembléencore voir Charles de Bocbecbouart ; il s’est approché de moi, son regardinquiet interrogeait mes traits,que je rendais volontairement immobiles; sa
voix tremblante me demandait si j’avais encore la vie. J’ai eu la force
de rester pour lui muette , glacée, morte.Oh ! que j’ai souffert !
— Si le péril eût été réel, ma fille, Dieu aidant, vous auriez eu le mêmecourage, dit madame de Recy. »
L’abbesse et ses deux compagnes arrivèrent au couvent de Picpus lejour où les moines recevaient, connue je l’ai dit, l’ambassadeur d’Es-pagne . Il y avait là grand nombre de gens de cour. Madame de Recy,Odille et Blanche, se tinrent à l’écart, dans une partie isolée du monas-tère. La chapelle était voisine; Blanche vint s’agenouiller à un autel dela Vierge séparée par une grille de la nef principale ; elle priait avec re-cueillement. Du côté opposé une porte s’ouvrit et laissa passer un
jeune gentilhomme, qui sans doute s’était égaré dans les longs corridorsdu cloître ; il fait quelques pas et aperçoit une jeune fille agenouillée ; unvoile rejeté en arriére, lui permet d’apercevoir ses traits, il s’approche...Ce jeune homme, c’est le comte de Rorhecliouart qui fait partie de l’am-