Il A L LE AL III. K.
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«Iui sont comme la pierre tumulaire scellée sur les oeuvres des généra-tions merles. Kl comme si ce if était point assez du temps, ce granddestructeur de villes, ce grand faucheur d’hommes, il faut (pie chacunapporte son coup de marteau au monument qui s’écroule, (pie chacunjette en passant sa pierre au génie <pii s’en va. Tant il est vrai (|ue,homme ou palais, chef-d’œuvre ou génie, tout ce qui meurt ne peutchez nous mourir tranquille.
l'our cette fois, on le voit, ce n’est pas l’histoire d'une rue que nousallons faire, mais l'histoire d’un monument que nous allons raconter;il est vrai que ce monument est plus qu’une rue, c’est un quartier toutentier.
Au centre de Paris , non loin du carreau des halles, à égale distancedu Louvre et de la rue Saint-Denis, du Palais-Uoyal et de la Seine ,perdu dans un inextricable réseau de rues tortueuses et bruyantes, secache une immense rotonde de pierres que l’on prcndrailtout d’abord pourun cirque, si elle ne rappelait beaucoup mieux encore l'idée peu poétique,mais parfaitement exacte, d’un monstrueux gâteau de Savoie. Ce glorieuxédifice, précieux échantillon de l’art architectural au xvin' siècle, s’ap-pelle la Halle au Blé.
Loin de nous la pensée de ridiculiser un établissement d’une utilitéaussi incontestable que l’est celui dont nous parlons. Dans une villecomme Paris , où la consommation quotidienne s’élève, pour la farineseulement, à quinze cents sacs environ, formant un poids total de deuxcent trente-huit mille cinq cents kilogrammes ou six cent soixante-dix-septmille livres, la Halle au Blé et à la farine est certainement quelque chosede fort respectable: on ne plaisante pas avec le pain de chaque jour, etquand on songe que si la Halle au Blé venait tout-à-coup à s’écrouler ouà prendre feu, Paris en serait réduit demain à dîner sans pain, et dansquelques jours, peut-être, à ne pas dîner du tout; on se sent (iris, jel’avoue, d’une admiration profonde pour ce philantropique établisse-ment. C’est à cette légitime admiration (pie la Halle au Blé doit sans doutela belle ré dont elle jouit comme œuvre d’art. Le culte depuis
longtemps voué au contenu s'est insensiblement étendu jusqu'au conte-nant. La louange a passé de la farine à l’édifice, de l’éditice aux archi-tectes qui l’avaient élevé de ceux-ci au magistrat qui en conçut le projet,de celui-là au roi qui en fit jeter les fondements, et de ce dernier à tousles autres de la même famille, rjusdem farinœ; qu’on nous pardonne cemot, il ne sort pas de notre sujet.
Mais avant tout, procédons par ordre : c’est surtout à l’égard des mo-numents que nous croyons à la métempsycose, et malgré ses alluresbourgeoises, sa tournure lourde, sa mine enfarinée, l’odeur de négoce etle parfum de gros sous qu'elle exhale, il nous semble reconnaître à Ira-