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Tome second.
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IM) 1 N T K SAINT-LUSTACIIF. 1SI

vers les murailles massives de la Ilallcau Iilé <| ueit|ues t races mai ell'acéesd’uue plus noble origine.

lin dépit du prévôt des marchands et de messieurs les éclievius de labonne ville de Paris , le bout d’une oreille aristocratique a fini par percerau bord de ce dôme gig , dont on a si bourgeoisement coiffé la

Malle au Blé ; le squelette de celui qui fut autrefois l'bôtel Soissons n'é-tait pas si profondément enseveli dans son double linceul de farine etd’oubli, qu’on ne pût voir poindre à la surlace de l'édilice nouveau quel-que vigoureux rejeton du palais Médicis.

S’il en est des palais comme des familles , si leur noblesse s’accroît enraison de leur ancienneté, l’emplacement où s’élève aujourd’hui la cou-pole de la rue de Viarmes a droit plus (pie toute autre à nos respectueusesinvestigations.

Vingt maîtres différents, tons de famille royale, ont possédé ce solingrat, qui ne garde pas même leur souvenir: huit tètes couronnées ouireposé derrière ces murs que tant de majesté n’ont pu défendre. Cinq roisde France: Louis IX, Philippe de Valois, Charles V, Charles VI etLouis XII; deux reines: Blanche de Castille , mère de saint Louis, etCatherine de Médicis , mère de trois rois, qui fut trois fois régente : voilàsur quelle souche glorieuse la prévôté de Paris est venue greffer ce ra-meau plébéien qui se nomme la Malle an Blé. Jamais plus noble blasonsubit-il plus sanglant outrage?

Dés le commencement du xm' siècle, Jean II , seigneur de Nesle elchâtelain de Bruges , possédait en cet endroit un hôtel auquel il donnason nom, et. qui ne se composait, à cette époque, que de deux maisonsreunies par une grange. 11 y avait loin de là au fastueux palais qui, deuxsiècles plus tard, devait sortir de cet humble berceau.

Jean 11 ne pouvait prévoir la colossale fortune de sa modeste demeure ;aussi, en vrai prodigue qu’il était, en fît-il présent au roi Louis IX , qui,la même année, la céda à la reine sa mère. Dès lors commença, pourl'bôtel de Nesle, une série de transformations qui le rendirent bien-tôt méconnaissable ; dès lors ses vieilles murailles, entourées de préset de vignes, marchèrent rapidement à la conquête des terrains environ-nants.

Tout d’abord la reine Blanche y fit son séjour. Thibaud, comte deChampagne , ce prince le plus vaillant des capitaines et le plus gentildes troubadours, soupira des lais amoureux aux échos plaintifs de sonoratoire. C’était, A la vérité, un amour insensé, un véritable amour depoète; car si la reine était belle, elle était plus vertueuse encore; lest luinsons du roi de Navarre en sont la preuve. Quoi de plus galant et deplus chevaleresque que ces vers dans lesquels le poète guerrier déclarequ'en partant pour la Palestine il cède bien plutôt à l'excès de l’amour