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HALLE AU 15LE.
vriers de tontes les parties du monde, Pour arriver à ses lins, elle em-ploya tour-à-lour la violence et la persuasion, la menace et la prière.Bref, en moins de deux années, l 'hôtel de la Heine sortit radieux de seslimbes, et Catherine vint l'habiter.
Aujourd'hui on connaît le véritable motif de cette impatience malcontenue, de cet empressement extrême qui lui lit tout prodiguer, l’or,les faveurs, les grâces et jusqu’à ses plus doux sourires, pour battu' l'a-chèvement de son nouveau palais. Ce motif, le voici :
Catherine était dévote et superstitieuse; certain soir qu'elle consultaitles astres dans son observatoire des Tuileries , assisté de Côme Buggieri,astrologue florentin, en qui elle avait la plus entière confiance, elle désirasavoir quel serait le lieu de sa mort. L’astrologue, après avoir interrogéles étoiles et tracé plusieurs cercles magiques du bout de sa baguette di-vinatoire, lui répondit ce seul mot; « Saint-Germain. »
Catherine, frappée de la prédiction, ne songea plus dés cet instantqu’à déjouer l’influence des astres. Elle abandonna sur-le-champ le palaisdes Tuileries , qui se trouvait dans la paroisse de Saint-Germain-l'Auxer-rois; elle laissa inachevé son palais de l’abbaye de Saint-Mnur-des-Fossés,situé prés de Saint-Gerinain-des-l’rés, et ne remit plus les pieds an châ-teau de Saint-Germain -en Lave. Mais comme il lui fallait îmnobstant uneroyale demeure, elle lit construire Y hôtel de la Heine, sur la paroisseSaint-Eustache ; puis tranquillisée par ces prudentes mesures, elle oubliadans les bras du cardinal de Lorraine la funeste prédiction de l’astro-logue.
Ce fut au milieu des bals, des l'êtes, des carrousels et des divertisse-ments de toute espèce que se lit l’inauguration de l’hôtel de la Heine.Catherine avait soif de plaisirs; la joie débordait de son cœur; elle étaitbelle, elle était puissante, elle pouvait à bon droit se croire immortelle,et de plus elle était veuve. Quelle femme, quelle reine, eut à la fois plusde bonheur?
L’hôtel de la Heine était le rendez-vous de tout ce qu’ily avait de jeune,de noble et de beau à la cour de France. A la faveur du masque et dutravestissement, les chefs de la Ligue y coudoyaient les mignons deHenri 111 ; et qui sait? ce fut peut-être durant l’une de ces fêtes que Saint-Mégrin puisa dans les beaux yeux de Catherine de Clèves , duchesse deGuise, cet amour qui devait causer sa mort; ce fut peut-être aussi à lafaveur d'une des lourdes portières de brocard qui fermaient l’oratoirede la reine-mère, que le Balafré surprit le secret des deux amants.
Mais nous sommes au 9 mai 1588; la foule encombre les rues, les placeset tous les abords de l’hôtel ; c’est que le duc de Guise vient de rentrer dansParis , malgré les ordres réitérés de Henri 111, et qu’il est descendu toutd'abord à l’hôtel de la reine-mère. Voyez, les portes s'ouvrent, Catherine