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Tome second.
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1* UI \ T K s A I .\ T- E U S T A Cil K

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l’allranchir de leur tutelle. Celle occasion se présenta : elle se nommaitCatherine de Médicis, reine et régente de France : on ne pouvait la dé-sirer meilleure.

« Catherine, dit Vacillas, avait la taille admirable; la majesté de son» visage n’en diminuait pas la douceur; elle surpassait les autres dames>* de son siècle par la vivacité de ses yeux et la blancheur de son teint;» le beau lourde ses jambes lui faisait prendre plaisir à porter des bas» de soie bien tirés, et ce fut pour les montrer cju’elle inventa la mode» de monter mi-jambe sur le pommeau de la selle, en allant sur les ha-» quenées, au lieu d’aller, comme on disait, à la planchette. Elle invcn-» tait de temps en temps des modes également galantes et superbes.» Elle était avare et prodigue, magnifique mais non généreuse. Avant» tout elle aimoit la puissance, et pour régner elle ne mettait aucune» différence entre les moyens légitimes et ceux qui sont défendus. Mal-» heur aux princes, aux courtisans, aux ministres qu’elle appelait mon» ami! c’était dans sa bouche l'expression de la haine et de la vengeance.» Madame, lui dit un jour Mois-Février, qu’elle venait d’appeler mon ami,» oblige/.-moi de m'appeler plutôt votre ennemi. » Eu un mot, Catherineétait une véritable Italienne, ardente jusqu’à l'impétuosité, dévote jus-qu’au fanatisme; ses moindres désirs étaient des passions. Dès qu'elleeut jeté les yeux sur le couvent des Filles-Pénitentes,elle y porta la main;elle rêvait déjà les splendeurs impossibles ([lie n’avaient réalisées qu’àdemi son palais des Tuileries et son hôtel de Saint-Maur-des-Fossés .

bientôt elle abandonne tout pour se livrer à sa nouvelle fantaisie;elle possédait depuis longtemps l’hôtel d’Alhret, six maisons et deuxjardins situés dans la rue du Four; le couvent lui convenait, elle l’acheta.Une armée de maçons, de tailleurs de pierre, de sculpteurs, de menui-siers, de charpentiers et de tapissiers, envahit les désertes cellules, serépandit dans les plus secrètes galeries, bouleversa les jardins, et miten fuite ce gracieux essaim de nonnes éplorées, qui, ramassant an pinsvite guimpes et chapelets, émigra tout doucettement, sans scandale etsans bruit vers l’abbaye de Saint-Magloire.

Alors s’éleva véritablement, comme par miracle, ce splendide palaisqui fit l’admiration des contemporains, et dont il ne reste debout au-jourd’hui que l’élégante tour construite par Mullan, rare et précieux dé-bris de cette royale merveille. Comme tous les esprits impérieux, Cathe-rine mit à poursuivre son projet une ardeur incroyable ; rien ne l’arrêta :une rue venait entraver ses plans, elle la coupaitpar le milieu, et passaitoutre. Ainsi fit-elle de la rue d’Orléans et de la rue des Deux-Ëcus, quilui barraient le passage. Elle obtint des bulles du Saint-Mère pour rati-lier le déplacement des Filles-Pénitentes, et des actes du parlement pourlégaliser ses usurpât ions de terrains; elle appela à grands frais des on-