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Tome second.
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ES PL A N A I) K DES INVALIDES.

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Le sort des défenseurs du pays commença alors seulement à êtrehonorablement fixé.

Avant ce jour, les abbayes, les prieurés contribuaient à nourrir, à en-tretenir, à loger, les vieux soldats. Tout monastère en recevait un certainnombre; mais un devoir ridicule ou humiliant leur était imposé en re-tour; ils étaient obligés de sonner les cloches pour éveiller les moines;ces hommes d’épée , (pii avaient été réveillés si longtemps au son duclairon et du tambour, moins considérés que les sacristains, moins estimésque les suisses de paroisse, dans leurs mains le balai remplaçait le fusilqu'ils avaient noblement porté. Honneur au petit-fils de Henri IV pouravoir relevé le vieux soldat de ces humiliantes nécessités !

L’édit de fondation de l’Hôtel des Invalides parut en 1674; il méritequ’on en cite des extraits. La France était toute saignante encore deglorieuses blessures, et elle allait s’engager de nouveau dans une guerreformidable. Louis XIV , dira-t-on peut-être, avait intérêt à se montrergénéreux envers les soldats vieux ou mutilés, puisqu’il en appelait deplus jeunes à de nouvelles chances. Qu’importe si dans ce grand acte dereconnaissance il entrait un peu d'égoïsme! Les rois ne font pas tou-jours de grandes choses, alors même que leur intérêt particulier marched'accord avec l’équité.

« Nous avons estimé, dit le monarque, qu’il n’était pas moins digne» de notre pitié que de notre justice, de tirer hors de la misère et de la» mendicité les pauvres officiers et soldats de nos troupes qui, ayant» vieilli dans le service, ou qui, dans les guerres passées, ayant été» estropiés, étaient hors d’état de pouvoir vivre et subsister; et qu’il» était bien raisonnable que ceux qui ont exposé librement leur vie et» prodigué leur sang pour la défense et le soutien de cette monarchie...» jouissent du repos qu’ils ont assuré à nos autres sujets, et passent le

» reste de leurs tours en tranquillité.A 1’efTet de quoi, et pour suivre

» un si pieux et si louable dessein et mettre la dernière main à un ou-» vrage si utile et si important, nous avons donné nos ordres pour faire» bâtir et édifier ledit hôtel royal, au bout du faubourg Saint-Germain» de notre bonne ville de Paris . »

On fit trois classes d’officiers et soldats, pouvant être reçus.

La première classe comprenait ceux qui avaient servi vingt ans.

La deuxième classe, ceux qui, après avoir rempli deux engagementsde six ans, se trouvaient par leur âge ou leur mauvaise santé hors d’étatde continuer le service.

La troisième enfin, ceux qui étaient estropiés ou grièvement blessés,sans avoir égard au temps pendant lequel ils avaient servi.

Il est inutile d'entrer dans de plus longs détails sur une organisationqui, depuis cette époque, a été considérablement modifiée. Dans le prin-