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Tome second.
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HUE SAINS NOM.

merce qu'avec des malheureux, qui nen ont plus avec la société, du seinde laquelle ils vont disparaître tout-à-lheure; un homme dont laspect,dont le nom même, lige le sang dans les artères, et dont la seule présencedit à celui quil approche : « Tu nes plus de ce monde ! »

Cest l'exécuteur des jugements criminels!.... Inclinons-nous en en-trant chez cet homme... qui a le dernier mot de bien des destinées! . .

Le prince de lEglise et lexécuteur des hautes-oeuvres; lhomme duciel avec sa parole tout évangélique, et lhomme de la terre avec sa mis-sion toute de douleur et de sang ;

Celui qui prie pour l'âme, celui qui détruit le corps;

Lun portant ses regards vers ce quil y a de plus haut, lautre forcéde les tourner vers ce qu'il y a de plus bas ;

Tous deux, par un étrange abus de mots, par un renversement de touteidée, de toute logique, tous deux appelés du même nom :

Bossuet , monsieur de Meaux !

Sanson, monsieur de Paris !

Son nom seul inspire de l'horreur, et cela sexplique : il rappelle unemission de mort; il évoque dans l'âme daffreux souvenirs; il fait appa-raître aux yeux une fantasmagorie sanglante....! Vous voyez léchafaud,la planche dun rouge noir dont une nouvelle couche de sang va raviverla couleur; vous voyez le coffre de plomb vient se précipiter une têtefortement lancée loin du tronc!.... Vous voyez un néant anticipé succé-der à une vie pleine de jours!....

Il est bien difficile de prendre de cet homme une idée juste et rai-sonnable; ses fonctions sadressent trop à ce sentiment intime qui vientde l'âme, pour que la raison préside au jugement que lon en porte. Onnest pas toujours le maître de se faire une opinion entre celle de lillustreauteur des Soirées de Saint-Pétersbourg et celles du chantre de Julie: silne faut pas, comme M. de Maistre, voir dans la famille de T exécuteurune femelle et des petits, il faut aussi se délier de lasstique philoso-phie de Jean-Jacques ; et, même sans être roi, rêver pour son fils uneautre épouse que la fille du bourreau.

La charge dexécuteur des hautes-œuvres na pas toujours été soumiseà létat dabaissement nous la voyons aujourd'hui.

Chez les Israélites , les sentences de mort étaient exécutées par tout lepeuple, ou par les accusateurs du condamné, ou par les parents de lho-micide, si la condamnation était pour meurtre, ou par dautres per-sonnes, selon les circonstances.

Le prince donnait souvent à ceux qui étaient auprès de lui, et surtoutaux jeunes gens, la commission daller mettre quelquun à mort. On entrouve beaucoup dexemples dans lÉcriture ; et loin quil y eût infamie