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HUE SAINS NOM.
merce qu'avec des malheureux, qui n’en ont plus avec la société, du seinde laquelle ils vont disparaître tout-à-l’heure; un homme dont l’aspect,dont le nom même, lige le sang dans les artères, et dont la seule présencedit à celui qu’il approche : « Tu n’es plus de ce monde ! »
C’est l'exécuteur des jugements criminels!.... Inclinons-nous en en-trant chez cet homme... qui a le dernier mot de bien des destinées! . .
Le prince de l’Eglise et l’exécuteur des hautes-oeuvres; l’homme duciel avec sa parole tout évangélique, et l’homme de la terre avec sa mis-sion toute de douleur et de sang ;
Celui qui prie pour l'âme, celui qui détruit le corps;
L’un portant ses regards vers ce qu’il y a de plus haut, l’autre forcéde les tourner vers ce qu'il y a de plus bas ;
Tous deux, par un étrange abus de mots, par un renversement de touteidée, de toute logique, tous deux appelés du même nom :
Son nom seul inspire de l'horreur, et cela s’explique : il rappelle unemission de mort; il évoque dans l'âme d’affreux souvenirs; il fait appa-raître aux yeux une fantasmagorie sanglante....! Vous voyez l’échafaud,la planche d’un rouge noir dont une nouvelle couche de sang va raviverla couleur; vous voyez le coffre de plomb où vient se précipiter une têtefortement lancée loin du tronc!.... Vous voyez un néant anticipé succé-der à une vie pleine de jours!....
Il est bien difficile de prendre de cet homme une idée juste et rai-sonnable; ses fonctions s’adressent trop à ce sentiment intime qui vientde l'âme, pour que la raison préside au jugement que l’on en porte. Onn’est pas toujours le maître de se faire une opinion entre celle de l’illustreauteur des Soirées de Saint-Pétersbourg et celles du chantre de Julie: s’ilne faut pas, comme M. de Maistre, voir dans la famille de T exécuteurune femelle et des petits, il faut aussi se délier de las ’stique philoso-phie de Jean-Jacques ; et, même sans être roi, rêver pour son fils uneautre épouse que la fille du bourreau.
La charge d’exécuteur des hautes-œuvres n’a pas toujours été soumiseà l’état d’abaissement où nous la voyons aujourd'hui.
Chez les Israélites , les sentences de mort étaient exécutées par tout lepeuple, ou par les accusateurs du condamné, ou par les parents de l’ho-micide, si la condamnation était pour meurtre, ou par d’autres per-sonnes, selon les circonstances.
Le prince donnait souvent à ceux qui étaient auprès de lui, et surtoutaux jeunes gens, la commission d’aller mettre quelqu’un à mort. On entrouve beaucoup d’exemples dans l’Écriture ; et loin qu’il y eût infamie