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Tome second.
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HUE SANS NOM.

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attachée à ces exécutions, chacun se faisait gloire dy prendre part.

Chez les Grecs, l'office de bourreau nétait point méprisé. Aristote ,dans ses Politiques, met l'exécuteur au nombre des magistrats. Il ditmême que, par rapport à sa nécessité, on doit mettre cette charge aurang des principaux offices.

A Rome , outre les licteurs, on se servait quelquefois du ministère dessoldats pour lexécution des criminels, non-seulement à larmée, mais àla ville même, sans que cela les déshonorât en aucune manière.

Chez les anciens Germains, la charge dexécuteur était exercée par lesprêtres, par la raison que ces peuples regardaient le sang des coupableset des ennemis comme loffrande la plus agréable aux dieux de leur pays.

Anciennement les juges exécutaient souvent eux-mêmes les condam-nés : lhistoire sacrée et lhistoire profane en fournissent plusieursexemples.

En Allemagne , avant que cette fonction eût été érigée en litre doffice,le plus jeune de la communauté ou du corps de ville en étail chargé. EnFranconie , cétait le nouveau marié; à Hentlingue, ville impériale deSouabe , cétait le dernier conseiller reçu, etàStadien, petite ville deThuringe , lhabitant qui était le plus nouvellement établi dans la ville.

En Russie , la charge dexécuteur nexiste pas; les exécutions sont con-fiées chaque fois à un prisonnier. Cette mission dun instant lui vautgrâce pleine et entière.

En France , lexécuteur de la haute justice avait autrefois droit de prise,comme le roi et les seigneurs, cest-à-dire de prendre chez les uns etchez les autres, dans les lieux il se trouvait, les provisions qui luiétaient nécessaires, en payant néanmoins dans le temps du crédit quiavait lieu pour les emprunts forcés.

Les lettres de Charles VI , du 5 mars 1398, qui exemptent les habitantsde Chailly et de Lay, près Paris , du droit de prise, défendent à tous lesmaîtres de lhôtel du roi, à tous les fourriers, chevaucheurs (écuyers),à l'exécuteur de la haute justice et à tous nos autres officiers , et à ceux dela reine, aux princes du sang et autres, qui avaient accoutumé duser deprise, den faire aucune sur lesdils habitants.

Lexécuteur se trouve, comme on le voit, en assez bonne compagnie.

Plus tard, le métier de bourreau tomba dans le pliis complet avilisse-ment, 11 ne fut un peu relevé quen 1790, époque lAssemblée nationale,sur la proposition de Maton de la Varenne, appuyée par Mirabeau, décrétaquelle avait entendu comprendre les exécuteurs dans le nombre des ci-toyens.

Prévoyait-on déjà que , deux années plus tard , il dût être la chevilleouvrière de la révolution, et voulait-on le récompenser à lavance du ter-rible service que lon devait exiger de lui ?

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