RUE SANS NOM.
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l’exécution. Le peuple, dans sa justice expéditive, avait saisi le coupable,l’avait hissé sur l’échafaud, couché sur la bascule, roulé sous le couteau,et c’en était l'ait du malheureux sans la précaution que l’on prenait tou-jours, sans doute par instinct. L’exécuteur, qui était venu ouvrir lui-
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même, répondit à cette demande atrocement singulière que M. Sansonétait sorti, que lui seul avait la clé, et qu’il ne reviendrait pas avant deuxou trois heures. Il fallut se résigner: la foule s’écoula peu à peu, mais lepatient promis à la mort était toujours dans son affreuse position. Enfin,après un temps dont on ne peut calculer la longueur si l’on veut se mettreà la place du pauvre diable, on vint le délivrer. Rien ne peut redire sonétat et ce qu’il avait dû souffrir dans cette lente agonie.
Moins par curiosité que pour rappeler à M. Sanson le but de ma visite,je le priai de me faire voir la chambre où il tient renfermés les instru-ments destinés aux différents genres de supplice usités autrefois.
La vue de ce musée me glaça d’horreur, moins par ce que j’y vis, quepar ce qu’il me rappela.
Une seule chose, dans ce sanglant conservatoire, mérite qu’on enparle; c’est le sabre avec lequel M. le marquis de Lally fut décapité. Onle fit faire exprès, et il en fut fondu trois avant qu’on en pût trouver unconvenable.
A cette époque, lorsqu’une exécution remarquable avait lieu, les jeunes