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Tome second.
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HUIS ET 1 UE SAINT-LOUIS.

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grand comme la lloule-lluuge, que l'on vient de peupler de véritables pa-lais en une minute, en un clin d’œil, en un hiver ! A vrai dire, il s’agis-sait, dans l’ile Notre-Dame, d’un quartier qui allait abriter durant deuxsiècles tous les justiciers, tous les gens de robe de la ville de I'aris.

En perdant ses chanoines pour prendre des procureurs, l’ile Notre-Dame a quitté son nom pour prendre celui de Saint-Louis.

De ce moment, l'ile Saint-Louis aura des rues bien alignées, des mai-sons bien aérées, des hôtels riches et sévères, des terrasses plantées d’ar-bres, des bassins et des eaux jaillissantes; et tout cela, pour une popu-lation grave, silencieuse, triste et presque toute vêtue de noir !

Molière , (pii avait beaucoup ri sans doute en regardant les hôtes lia-bituelsde l’ile Saint-Louis, habilla de noir tous ses personnagesridicules :enstigat ridendo mures.

L’apparition du nouveau quartier eut un succès immense dans l'opi-nion parisienne . D’abord il était vraiment tout neuf, de la cave au gre-nier; ensuite il était à coup surplus beau, plus élégant, mieux divisé(pie tous les autres quartiers de la ville de Paris ; l’admiration des Pari-siens n’était-clle pas bien légitime ?

Puisque désormais l’ile Saint-Louis existe bien et dûment, paradeauthentique, enregistré au greffe, essayons d’examiner, dans quelques-uns de ses magnifiques détails, le nouveau quartier qui a métamorphosél’ile Notre-Dame.

A la pointe orientale de l’ile, précisément à l’endroit où s’appuie lepont de Damiette , on voyait encore à la fin du dernier siècle un hôtelsomptueux, bâti par Du Cerceau pourM. de Hrctonvilliers, et dans lequelles fermiers généraux transportèrent, en 1719, le bureau des aides et dupapier timbré; eu 1790, il servait encore à la régie delà ville; c’était làune belle porte de Paris, sur la route de la Seine ; un tcrre-plain en par-terre, entièrement découvert sur le quai, et rafraîchi par un jet d’eau,attirait sans cesse les rêveurs du quartier; l’hôtel Hrctonvilliers faisaitconcurrence à l’hôtel Lambert.

L’hôtel Lambert est bien le monument le plus singulier de l'ile, celuiqui témoigne le mieux de sa splendeur passée, le seul qui raconte auxgénérations contemporaines la vie loulenliere d’une société éteinte, dis-parue dans un orage révolutionnaire; qui porte lisiblement écrite sur sonfront son illustre origine, et. conserve encore assez de grandeur pourcommander les regards, l’attention et les respects de la foule. Peu d’é-difices particuliers ont abrité autant de gloires, et gardé autant de sou-venirs que l'hôtel Lambert. Dans les deux siècles de sa vie publique etprivée, il a vu s’asseoir dans ses salons, défiler dans ses splendides ga-leries tous les grands noms qui ont honoré les lettres, les arts et la ma-gistrature; et, comme si tant d’éclat et d'honneur ne suffisait pas encore