HUE ET ILE SAINT-LOUIS.
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Il y a là, dans celle brillante peinture, une Cybèle qui ressemble à unedélicieuse marquise de Versailles ; une Cérès qui ressemble à une vi-comtesse adorable, et une Flore qui ressemble à une petite baronne sanspareille; les grandes dames de la cour empêchaient Lebrun de peindreexactement les déesses de la ntythologie. L'hôtel Lambert est tout remplide héros fabuleux, d’animaux fantastiques, de génies ailés, de festons etde corbeilles de fleurs.
Dans un des premiers salons qui avoisinent la grande galerie, les mu-tilations qui ont bouleversé l’hôtel Lambert commencent à s’étaler bientristement; les glaces et les lambris ont été remplacés par une espèce depapier en chinoiserie, dont l’aspect a quelque chose de désolant; voilàune bonne occasion de gémir et de lever les yeux au ciel, afin de perdrede vue les lambris et de trouver sur un plafond une belle peinture sansnom d'auteur, un Zépliire soulevant un corps aussi léger que le sien, lecorps divinisé de la Psyché grecque : page ravissante, petit chef-d’œuvrede goût, d’expression et de grâce, qui aurait honoré même le pinceau deLesueur.
C’est en admirant cette Psyché que le souvenir d’une petite anecdotenous est revenue, parce qu’elle a dû se passer tout près de la galerieLebrun.
Peu île temps après l’entière exécution des travaux de l’hôtel, un noncedu saint-siège, ami des arts, en sa double qualité d’Italien etde prince del’Église romaine, désira les visiter et les juger; ce fut Lebrun lui-mêmequi le reçut dans l’hôtel et qui voulut avoir la faveur de le conduire; lenonce, qui ne connaissait pas encore le nom de son officieux cicérone, seprit à louer de son mieux les tableaux du peintre de Louis XIV , sansde-viner tout ce que valaient de pareils éloges aux yeux du complaisantanonyme qui lui faisait les honneurs de la galerie d’Hercule , dans tousses détails , dans toutes ses petites merveilles ; si bien qu’en entrantdans les salles peintes par Lesueur, Lebrun s’avisa de presser le pas,sans doute pour en finir au plus vite avec les chefs-d’œuvre d’un rival...
— Tout beau, caro mio!... s’écria le nonce, ce plafond est de la pein-ture italienne, île la peinture d’un grand maître; regardons-le, s’il vousplaît, avec le soin, avec l’attention qu’il mérite. Quant à ce que vousm’avez fait voir jusqu’ici, entre nous, ce n’est qu’une coglioneria ! — Pau-vre Lebrun !
Le troisième salon n’a rien aujourd’hui de ce qui faisait autrefois sasplendeur; le Phaélon de Lesueur n’y est plus; ses belles Muses ont cédéla place à de petites dames énamourées, qui soupirent avec tout le mau-vais goût A’Angélica Kauff'mann; les voussures de François Périer sont àpeine visibles, grâce à une couche de poussière qui commence à se fairecarton-boue ; saluons encore, dans cette salle, quelques gracieuses figu-
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