K CE M o:S T M A 11 THE.
bals, grandes suppositions. A quoi donc ce Irou noir peul-il avoir servi?Si c’était... ? pourquoi pas?... la cave où saint Denis disait sa messe?Allons , c’est clair, c’esl manifeste :c’es écapité. Vile on l'ail
corner la trouvaille aux quatre coins de la capitale. A ce,bruit l’attentions'éveille, la dévotion s’exalte; puis survient la mode , qui s’en mêle. Lareine Marie de Médicis et les plus grandes daines donnent l'exemple :les visites affluent, les offrandes abondent, le caveau s’emplit, le troncregorge, et voilà le couvent rétabli.
Ce n’était pas assez au gré de la persévérante abbesse ; il s’agissaitde ressusciter la discipline , et de renfermer au bercail des brebis quipassaient depuis longtemps leurs jours, trop souvent même leurs nuits,à s'égarer. La supérieure s'engagea franchement, hardiment, dans lavoie des réformes. On murmura, on parla de résistance; elle fermal’oreille. Poussées à bout, comment s’y prirent les rebelles? qui char-gèrent-elles du soin de les défendre ou de les venger? Le poison. Quandles nonnes s’avisent de faire de l’opposition, elles n’y vont pas île mainmorte. La constitution de la victime et des antidotes administrés à pro-pos détournèrent à demi les eil’ets de cette odieuse tentative. La supé-rieure vécut, mais affligée de mille infirmités précoces. ÎN'imporle, safermeté ne se démentit [vas. Force fut aux recluses de plier sous le joug,et le couvent reprit, du moins en apparence, son austérité d'autrefois. Hparait,au surplus, qu’elle ne se maintint guère. Pendant le xvu e et surtoutpendant le xvm'siècle, la licenceducouvent dcMontmartre était presqueproverbiale.. La Fillon, célèbre entremetteuse, qui vivait, ainsi que chacunsait, en fort bons termes avec le régent, eu lie front de lui en demander très-sérieusement la direction, sous prétexte qu’une abbesse comme elle étaitbien bonne pour de pareilles religieuses.
« D’ailleurs, ajoutait-elle, non sans ' eraison, pourquoi n’aurais-je point une abbaye? mon compère Dubois a bien un archevêché! »
En 1789, la maison, soupçonnée de recéler des armes, fut visitée,sondée, fouillée de fond en comble par le peuple. Bientôt la congréga-tion, dispersée au vent de la tempête révolutionnaire, disparut ; les mu-railles abandonnées tombèrent, et à l’heure où sont tracées ces lignes àpeine reste-t-il encore quelques vestiges de l’œuvre de l’abbesse de Beau-villiers. Chaque jour les carrières qui s’affaissent, les gouffres qui s’en-tr’ouvrent, achèvent d’engloutir le peu qu’ont épargné les ans, la maindes hommes et la guerre ! oui, la guerre. S’il est vrai que le dieu des ba-tailles ait jadis vu fleurir son culte en ces liants lieux, les débris dont illes a couverts attestent qu’il ne l’a point oublié. Sentinelle avancée de lagrande ville, qu’il commande, .Montmartre compte par ses désastres lessieges que subit Paris depuis l’invasion des Normands en 88b, jusqu'àl’invasion des alliésen 181 i. Aujourd'hui la voix de la guerre s'estéteinle-