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Tome second.
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H U K M 0 N T M A H T H K.

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A et* litre, le premier rang appartenait sans contredit à Houteville; ilmarchait, par droit de conquête autant (pie par droit de naissance, à latête des raffinés. Sou hôtel de la rue du Jour était l’état-major de la bande.Là se traitaient les plus subtiles et les plus délicates questions du pointd'bonncur; là le duel avait ses juristes, l’escrime ses académiciens. On ydiscutait l’art sublime de s’entr’égorger par principes ; on dissertait surle mérite d’un coupé ou d'un dégagé; on plaidait le pour et le contre dela botte la plus nouvelle; prime, seconde, tierce, quarte, quinte, parade,riposte, voilà le jargon qu'on y parlait; et alin que la théorie s’y fortifiâtde la pratique, la courtoisie du maître avait pris soin de transformer ensalle d’armes le rez-de-chaussée de sa maison. Noble ou vilain, tout spa-dassin, tout matamore, tout bretailleur de profession jouissait librementde ses entrées; c’était la terre promise des vauriens, des ivrognes, des ta-pageurs, des vagabonds, de la Bohême de I’aris, vrai pays de Cocagneoù, du matin au soir, elle trouvait, gratis et à discrétion, de quoi boire etde quoi ferrailler; car l’hospitalité de Houteville pourvoyait, à ses frais,à ce double besoin; des épées mouchetées tapissaient les murailles, destonneaux toujours pleins provoquaient les buveurs, et le tireur haletantpouvait, séance tenante, retremper dans le vin sa vigueur épuisée, aurisque de l’y noyer toul-à-fail.

Chacun courait à volonté du gobelet à la fiamborge, de la fiamberge augobelet. Ce n’était que santés, ce n’étaient que défis: ce n’étaient, ausein de cet enfer, de ce lapis-franc d’un autre âge, que cris, lierions,blasphèmes, refrains de cabaret, cliquetis de verres et d’aciers ; puis quel-quefois, l’ivresse et la colère aidant, certains champions finissaient parprendre le jeu au sérieux; la joute dégénérait en bataille, on démouche-tait le fer. on affûtait la pointe, on s’attaquait avec fureur, et bientôt, à lagrande joie de la galerie, l’un on l’autre des combattants, trop souventmême l'un et l'autre, après avoir laissé leur raison au Tond des bouteilles,laissaient leur vie au bout d’un fleuret.

Ce couvre-feu sonné, la valetaille faisait évacuer la place; ceux des ha-bitués (c'était le petit nombre ; qui gardaient tant bien que mal l’équi-libre gagnaient le pont clopin dopant; les autres, on vous les balayaitpêle-mêle sur le pavé, sans s’inquiéter le moins du monde de savoir s’ilsn’étàient que morts-ivres ou s’ils étaient morts tout de bon.

Mais fuyons, détournons nos regards et nos pas de ces saturnales san-glantes ; aussi bien nous allons trouver, pour rejoindre la rue Montmartre,une autre voie qui, Dieu merci, réveille, avec d’aussi nobles noms , demoins flétrissants souvenirs; je veux parler de la rue ci-devant IMâtrière,replacée, depuis 1850, sous l’invocation de . Rousseau, quartier pri-vilégié qu’illustrèrent tour-à-tour l’aristocratie de la naissance, l’aristo-cratie de la fortune, l’aristocratie du talent.