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Tome second.
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Lu l'ÜI'2, elle portail encore son vieux nom (le .1 Inverse, el u’etailqu'un chemin fangeux , abandonné , relégué au pied des murailles, quedéjà Guy, comte de Flandre, un des plus grands seigneurs de son temps,y venait fixer sa résidence. Un riche bourgeois, le sieur Coquillier, possé-dait, dans la rue Goquilliérc, une vaste habitation voisine de la porte deRohème. Le comte achète l'habitation, y joint trois arpents el demi deterres contiguës que lui cède l'évêché de Paris ; et, comme cet immenseespace de bâtiments et de jardins dont l’ensemble forme l’hôtel de Flan-dre, bientôt ce beau domaine passe, en vertu d’alliance, à la famille desducs de bourgogne ; puis, dans la suite des ans, négligé, délaissé par sesproprietaires, aliéné par les uns, démembré par les autres, envahi parIons ses voisins, il n'est [dus , vers le milieu du xv' siècle, que le fantômede lui-même. L’édilice tombe en ruines, les plantations n’existent plus;une grande maison à l’image Saint-Jacques a usurpé le terrain de la ruePlàtrière, el l'unique corps de logis susceptible d’être utilisé sert de localaux maîtres el doyens de la Passion de notre Sauveur.

L’est là, chez ces Thespis du Théâtre-Français, qu’apparurent succes-sivement le Mystère des Apôtres, dont le succès fut tel que la piece obtint(prérogative peu commune en ce temps-là; les honneurs de l’impression,et même (prérogative fort rare en ce temps-ci) ceux de la réimpression ;le Mystère de 1Apocalypse, drame de Louis Lhoquet, pareillement inspiréet composé de neuf mille vers, c’est-à-dire deux fois supérieur, du moinsquant à la quantité, aux plus longs ouvrages de Corneille ; enfin le fameuxMystère de l'Ancien Testament, qui fit courir Paris entier au spectacle el laFrance entière à Paris . Bien plus! il eut la gloire d’allumer un conflit en-tre le parlement et la cour. Interdit par autorité de justice, il ne triomphadu veto que par l’autorité royale. Encore la cour souveraine, tout en sesoumettant aux volontés formelles du roi François 1 ", prescrivit-elle auxcomédiens « de n'user (l’aucune fraude. » et de n’interposer aucunes cho-ses profanes, lascives, ni ridicules. »

O Censure dramatique , comme le voilà liere! la première page de tonhistoire est écrite, il y a trois siècles, dans les registres du parlement..

L’arrêt, car il y eut arrêt, contient en outre plusieurs articles régle-mentaires d'un intérêt assez piquant:

« Les comédiens, y est-il dit. ne prendront pour l’entrée du théâtre pas» plus de deux sous par personne; pour le louage de chaque loge, durant» ledit mystère, pas plus de trente sous. .N’y sera procédé qu’à jours de» festes non solennelles; commenceront à une heure après midi, finiront» à cinq.— Feront en sorte qu’il ne s’ensuive ni scandale ni tumulte; et>> à cause que le peuple sera distrait du service divin, et que cela dimi-« nuera les aumônes , ils laisseront aux pauvres la somme de dix livres<> tournois, sauf à ordonner plus grande somme. »