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HUE DE Kl VOLEment, appartiennent an domaine de l’histoire moderne, c’est-à-dire ausouvenir des victoires et conquêtes de l’armée française , dont on trouvele catalogue sur les murs de l’arc de triomphe de l’Etoile.
La Restauration entreprit en 1817 de régulariser les projets de l’em-pereur; sur les plans dessinés en 1805, on vit s’élever une grande maison,ni moins belle, ni moins laide, et semblable en tout à ses voisines. Cettemaison fut destinée d’abord à faire une caserne pour les gardes-du-corps;mais l’auteur du trois pour cent, M. de Villèle, la jugeant convenable àses idées bourgeoises, vint l’habiter en 1820. Depuis cette époque, le bâ-timent se distingue des autres par un drapeau tricolore à toutes les fe-nêtres, des lampes sépulcrales à toutes les arcades, et des sentinellesà toutes les portes : c’est le ministère des finances, c’est le trésor.
Je ne quitterai pas la rue de Rivoli sans vous parler de deux excentri-cités qui ont vécu aux deux extrémités de cette longue file de maisons.
La première, la plus curieuse, c’est lord Egerton, dont le singulierentêtement s’était toujours opposé à livrer sa maison, le plus ravissanthôtel de toute la rue, à l'alignement de la colonnade. Contre le lise, pasde résistance possible : voici donc ce qu’il fit pour avoir un peu de cettetranquillité qu’il était venu chercher en France .
Un jour, pressé plus que de coutume parles architectes voyers de lacapitale , lord Egerton envoya chercher son médecin et un avoué , puisles réunissant devant son fauteuil, qu’il ne quittait plus depuis longuesannées,— le noble lord était goutteux, — il dit en s’adressant à l’avoué :
« La ville de Paris veut faire comprendre mon hôtel dans l’alignementde la rue: je ne veux pas y consentir; on parle déjà de me contraindrepar la voie des tribunaux. Je vous ai fait venir pour vous consulter; vousm’avez été spécialement recommandés; dites-moi donc combien de tempsvous pouvez faire durer cette affaire.
L’avoué réfléchit, médita , pesa toutes les questions et répondit :
— Mylord peut compter sur mon zèle pendant trois ans.
—C’est bien, reprit lord Egerton. Puis, se tournantdu côté du médecin:
— Vous me soignez depuis vingt ans, vous devez donc connaître montempérament : combien de temps ai-je encore à vivre ?
— Mylord !.... reprit le médecin tout interdit.
— Je ne vous ai appelé que pour savoir la vérité, parlez sans crainte,et surtout parlez vite.
Après avoir hésité quelques instants encore, le docteur répondit :
— La santé de mylord, quoique robuste, est attaquée par des affectionsassez graves, et qui peuvent faire croire que sa seigneurie en aurait en-core podr.
— Pour combien? répartit lord Egerton avec impatience.
— Pour quatre ans, répondit le médecin.