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LES HOU LEVA UT S.
de la Lucia, de la Favorite, et de don Sébastien est le grand-prêtre decelte charmante église où le plain-chant ressemble aux plus belles har-monies de ce monde; les Tuileries ont leur petite Provence ; grâce àM. Bernard Latte, le boulevart des Italiens a sa petite Italie .
Un peu plus loin, de l’autre côté du boulevart des Italiens se trouventle calé Anglais , dont la cuisine française est excellente, les Bains chinoisdont l’eau tiède ne lave plus les petits corps et les petites souilluresa la mode, le Pavillon de Hanovre <pii fut baptisé ainsi par la dédai-gneuse justice du peuple.
Vous savez sans doute ([ue cette luxueuse résidence appartenait à M. leduc de Richelieu ; M. le duc de Richelieu l’avait fait, disait-on, cons-truire avec le produit des lauriers d’or et d’argent qu'il avait cueillis ouqu'il avait dérobés pendant la guerre de Hanovre ; les nouvelles à lamain, débitées par le peuple, voulurent flétrir la conduite équivoque dumaréchal, en jetant sur la façade de son petit pavillon un titre afflictif quilui est resté. Je me souviens d’une anecdote que j’ai entendu raconter àce sujet par un ancien serviteur de M. le duc de Richelieu.
Ce diable de maréchal, s’étant avisé de faire la guerre de Hanovre , s'a-visa, je ne sais comment, de prendre une petite forteresse ennemie; aussi-tôt M. le bourgmestre, au lieu de se brûler la cervelle, s’achemine versle vainqueur et lui apporte les clés de la ville, qui étaient pardieu ! en ormassif; le duc de Richelieu, avec ce tact admirable qui lui faisait toujoursdeviner le bon argent, la chair fraîche et le fruit nouveau, salue, remer-cie et tend les deux mains... — Hélas ! s’écrie le bourgmestre, en pareilleoccasion, M. de Turenne se contenta de prendre la ville... il ne prit pasles clés. — C’est possible, répond le maréchal; mais M. de Turenneétait un homme vraiment inimitable! Les clés d’or dont il s’agit ne ser-virent-elles pas aux serrures du Pavillon de Hanovre ?...
Les houlevarts des Capucines et de la Madeleine ont subi, en quelquesannées, une métamorphose complète; ils sont devenus tout-à-fait dignes,à force d’élégance et de richesse, du voisinage magnifique de la rue de laPaix et des Tuileries, delà rue Royale et de la place de la Concorde.L’hôtel du ministère des Affaires étrangères, l’hôtel d’Osmond, l’hôtelSommariva, sanctifié par un chef-d’œuvre de Canova, appartien-nent au boulevart des Capucines. — Nous voici sur le seuil de l’église dela Madeleine : « Le soir, aux abords de cet édifice, a dit un promeneurspirituel et sentimental, tout revêt un aspect de majesté ; tout y est vaste,ample, élevé; il y a dans les dispositions de ce monument le reflet d’unedignité qui surprend la pensée; .quelques-uns peuvent regretter de nepas rencontrer, entre ces colonnes aux chapiteaux corinthiens qui s’é-clairent de lueurs fantastiques, la statue de la gloire; nous nous conso-lons en y trouvant celle de la elufrilé. »