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Tome second.
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LES HOU LEVA U T S.

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désespoir, par la force ou par la ruse, le Ilot vous entraîne toujours, l'ho-rizon s’éloigne sans cesse, l'abîme s’entrouvre , on revient encore à lasurface de l'eau, on disparaît une dernière fois, et tout est dit.

Deux heures plus tard, le joueur (pu avait tant gagné n’avait, plus rienà perdre que la vie : il se leva, s’approcha d’une fenêtre, prit un pistoletdans sa poche et se brûla la cervelle : le sang de ce malheureux tombasur les lleurs du jardin de Frascati .

Chassés par une loi, qui n’était que la consécration de l’opinion pu-blique, les jeux patentés de Paris se sont envolés sous la forme de Mer-cure, qui n’est pas seulement le dieu du commerce, et nous les retrouvonsaujourd’hui, sous les traits d’un banquier, d’un tailleur, d'un croupier,dans les principales villes de l’Europe; les habitués de Frascati jouentencore à Londres, à Vienne, à Berlin, à Madrid , et dans toutes sortes detripots que l’on appelle des résidences priucières.

Les détails que je vous donne doivent servir à un travail littéraire;eh bien ! permettez-moi de terminer ma causerie, ma promenade enparoles, par un nom qui a honoré les lettres françaises : Regnard, lepoète comique Regnard, a vécu dans la rue de Richelieu, au coin du bou-levart des Italiens, là où s’élève maintenant la maison du café Cardinal.En avez-vous assez pour votre article? — Je vous écoule encore...

— Oui da ! vous siérait-il d’aventure de raconter à vos lecteurs l’his-toire tout entière, l’histoire complète des boulevarls de Paris ? Quelleidée ! 11 vous faudrait trois volumes et trois ans pour bien écrire une pa-reille histoire. Quoi! vous voudriez raconter la vie des hommes et deschoses d’élite qui ont figuré sur cette grande voie parisienne ? vous vou-lez parler à la fois des monuments, des maisons, des passants, des in-dustries, des arbres et des pavés? 11 vous plaît de nous rappeler un à untous les faits, tous les événements, tous les drames, toutes les farces,toutes les comédies, tous les malheurs, toutes les misères, tous les cri-mes, toutes les cérémonies, tous les désordres qui ont eu un pareil théâ-tre? Terminez donc votre article tout simplement; dites aux gens encorede bonne volonté qui prendront la peine de vous lire :

Les boulevarts de Paris sont une ville, une grande ville, où il seraitpossible à l’homme le plus difficile, le plus sévère, de vivre dans le luxe,dans l’opulence, dans le plaisir, dans une ivresse continuelle. Ce que l’ondisait autrefois du Palais-Royal peut s'appliquer aujourd’hui, avec plusde raison, aux boulevarts de Paris : un homme, un prince, pourrait sefaire volontiers, en un pareil lieu, le prisonnier de lui-même; c’est làune vaste et admirable hôtellerie, dont les splendides ressources doiventsuffire à tous les besoins, à tous les désirs, à tous les caprices: des caféset. des restaurants, des bibliothèques, des bains somptueux, des vête-ments à la mode, des bijoux, des fleurs, des spectacles, de jolies fem-