DIÎ FREDERIC.
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ensuite à son oncle un compte exact de tout ceque je lui avais dit ; et il faut croire que sonrapport ne me fut point défavorable, et que leroi lui-même comprit qu’il était de sa justice etde sa bienveillance d’avoir égard à la loi que jem’étais imposée; ou bien que, parvenu à sonbut, qui était de connaître et mesurer en quel-que sorte mon caractère et mes principes, iln’eut plus aucun motif de me harceler , commeil l’avait si constamment fait jusqu’alors. Aumoins est-il vrai qu’à dater de ce moment, etdurant tant d’années qui ont suivi cette époque,c’est-à-dire durant quinze ans environ, Frédé-ric n’a plus eu à m’entretenir que de littératureet de philosophie, la religion ne reparaissantplus sur la scène que pour de légères observa-tions ou plaisanteries qui semblaient se pré-senter d’elles-mêmes, et pour lesquelles onn’attendait de ma part aucune réponse. Ce ré-sultat ne devient-il pas une preuve sensible quece roi ne tourmentait ainsi ceux qui l’appro-chaient que pour les mieux connaître, ou pourpunir les âmes viles, mais qu’il savait êtrejuste envers ceux qui avaient assez de sagesseou de franchise , en un mot assez de caractèrepour mériter son estime ?