COM PO S IT. EITTÉR. DE FRÉDÉRIC. q5
feuille de papier, je lisais ensuite le cahier ori-ginal avec la plus grande attention, et lorqu’iise rencontrait un passage susceptible de quel-que note critique, je le transcrivais sur mafeuille, en indiquant à la marge le numéro dela page, et celui de la ligne où se trouvait laphrase soulignée; et c’était à la suite de cesmots indicateurs que je désignais avec simpli-cité et franchise la faute que je croyais décou-vrir, les raisons qui motivaient mon jugement,et quelquefois l’expression ou la phrase quime semblait devoir y être substituée. De cettesorte, j’échoppais à toutes les gênes de l’éti-quette, et rien ne désignait pour qui je travail-lais : roi, ou berger, connu ou inconnu, c’est cequ’on ne pouvait deviner. Ce travail fini, j’écri-vais une lettre qui n’avait pas plus de trois li-gnes, et dont je ne prenais pas même copie, nonplus que de mes remarques, et le tout réuni aumanuscrit et sous une même enveloppe étaitporté pour le roi, à son appartement, et remisau valet de pied qui s’y trouvait. Je ne man-quais pas le lendemain d’être appelé pour re-cevoir les remerciements qu’on croyait me de-voir, et apprendre quel usage on jugeait àpropos de faire de mes remarques.