C O MP OS 1 T. LITTÉR. DE FRÉDÉRIC. lOÿ
Frédéric fut donc en cette rencontre plus grandque je ne l’avais présumé; et je vis ce jour-làce qu’il y a peut-être de plus rare dans l’histoiredes rois, de ceux au moins qui ont du ressortet de l’énergie dans l’âme , je vis un monarquequi sut se vaincre.
J’omettrai ici plusieurs détails qui appar-tiennent à l’article de la reine douairière deSuède , où on les retrouvera. Je me borne à cequi concerne le discours, le roi et moi. Lelendemain de la séance, madame la comtessede Kanneberg, soeur du comte Fink-Enstein,et grande gouvernante de la reine de Prusse,m’envoya, par un de ses domestiques, un billetoù elle me priait de remettre au porteur lediscours du roi, dont la reine voulait entendrela lecture. Je fis répondre que j’étais sorti, etqu’aussitôt que je serais rentré je m’empresse-rais de me rendre chez son excellence. En effet,j’arrivai chez cette dame peu de minutes aprèsle retour de son laquais ; je lui avouai que j’a-vais été chez moi à l’arrivée de ce dernier, maisque j’avais cru devoir lui porter le discoursmoi-même, et non le confier à un domestique.Je lui dis que j’espérais que sa majesté et ellem’approuveraient ; et qu’ainsi je le lui remet-