COMPOSIT. LIT TÉ R. I)E FRÉDÉRIC. 147
lus, ou finissait par les estimer moins, tandisque d’autres y ont été admis à mesure qu’ils pa-raissaient, et qu’ils étaient jugés dignes de cethonneur. C’est ainsi qu’avec le temps on y a vuarriver plusieurs volumes de Voltaire, etc.
Les auteurs anciens ne figuraient dans cetteliste que par les traductions françaises les plusestimées : Frédéric savait peu de latin, et ne sa-vait pas un mot de grec. Quand il eut pris pos-session de la Saxe , durant la guerre de sept ans,il voulut, en passant ses quartiers d’hiver àLeipzick, faire quelques visites à des savantsdistingués, et entre autres à Gothschedt, aveclequel il ne parla que de la langue allemande;à Gellers, avec qui il ne traita que de la poésieet du genre fabuleux ; et à Ernesti, chez quila conversation ne roula que sur Cicéron et leslangues anciennes. Lorsqu’il se leva pour sou-haiter le bonsoir à ce dernier, il s’écria en s’enallant : Félix quipotuit rerum cognoscere cau-sas! « Ah, mon dieu! disait ensuite le bon vieil-lard Ernesti, si j’avais su qu’il parlât latin,«combien j’aurais été plus à mon aise! » MaisFrédéric ne se permettait de prononcer quel-ques mots de la langue des Romains qu’à lamanière des Parthes , en se retirant.