l/|8 ÉTUDES, OPINIONS,
Par malheur, les traductions des classiqueslatins étaient encore , pour la plupart, tropdéfectueuses pour satisfaire un homme degoût : Frédéric le sentait, et en avait souventde l’humeur. Il fit une liste des ouvrages an-ciens dont il désirait avoir de meilleures tra-ductions. Il envoya cette liste à l’imprimeurDecker, en le chargeant de lui marcpier com-bien ces traductions coûteraient à faire et àimprimer, objet pour lequel il lui ordonnaitde se concerter avec les académiciens Formey,Mérian, Toussaint, Thiébault, de Castillon etBitaubé, lesquels se partageraient le travail, etpourraient facilement calculer à combien devolumes grand in-12 le tout pourrait se mon-ter. Decker vint nous voir ; nous nous accor-dâmes pour le partage, et évaluâmes le nombretotal des volumes à soixante.
Je ne me rappelle pas tous les ouvrages quele roi avait notés, ni quelles furent les partsqui échurent à chacun de nous ; je sais seu-lement que Bitaubé et Mérian s’étaient chargésde Diodore de Sicile ; que Toussaint avait prisles Traités de morale de Sénèque ; que j’avaisles lettres de ce dernier, et celles de Pline;que les œuvres de Plutarque étaient partagées