VOYAGES
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ture, un fait extraordinaire, c’est que, pendanttout son règne, Frédéric ne s’est servi qued’elle pour ses voyages, et qu’elle né lui apour ainsi dire coûté aucun frais d’entre-tien. Quand il était besoin de la raccommoder,on le faisait à son insu, de même que l’on sub-venait à ces dépenses comme on pouvait, at-tendu qu’il taxait de friponnerie tous les fraisde cette nature. Il soutenait en effet que savoiture était excellente ; que depuis plus detrente ans qu’elle lui servait, elle était toujoursde même, et que si on y touchait ce ne seraitque pour le voler. Il gagnait de plus à ce lan-gage de se trouver autorisé à rayer sur lesmémoires de ceux qui avaient à voyager pourson service tous les articles pour réparationou remplacement de voitures. C’était doncdans cette grande, forte et vieille voiture qu’ilfaisait toutes ses courses, à vingt ou vingt-cinqmilles par jour; voiture attelée de douze che-vaux que les paysans fournissaient, outre deuxbidets pour les pages de la chambre’, et sixchevaux pour la voiture de suite.
1 Ces pages étaient obligés de lui donner le bras quandil montait en voiture et quand il en descendait, et d’être