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V OYAGES
On comptait chez lui, dit .encore M. de Gui-ber t, plus de six mille jets d’eau, dont quel-ques uns s’élevaient à une hauteur bien su-périeure à ceux qu’on a le plus vantés : il y enavait même un au milieu de sa table, outre unerigole d’eau courante et limpide qui la traver-sait dans sa longueur. Le grand canal de sesjardins était couvert de petits bateaux très joli-ment arrangés, et qui voguaient chargés detoutes sortes de colifichets. On voyait égale-ment sur ce canal des jeux de naïades et dedieux marins. Que dirai-je? il avait mis à con-tribution les arts et les sciences, les temps an-tiques et les temps modernes, les peuples ci-vilisés et les peuples sauvages, l’histoire et lafable.
M. de Guibert n’est pas juste lorsqu’il re-présente le comte Hoditz comme un composéde raison et de folie, d’imagination et de mau-vais goût, de philosophie et de préjugés; il aégalement tort de le peindre comme livré à uneinsouciance entière : il était épicurien , sansdoute, mais avant tout il était cosmopolite etsupérieur aux évènements.
Tel est, au reste, l’homme à qui, sous le nomvague et le simple uniforme d’officier prussien,