254 VIE INTÉRIEUR]-: ET DOMESTIQUE
refus : « C’est une femme, il faut lui écrire po-» liment. » Le secrétaire désignait les ordresdonnés, au liaut de la lettre, par un seul traitde crayon, tous les quatre ayant entre eux,pour cet objet, une sorte de chiffre. Il y adeux circonstances qu’il ne faut pas oublierici : l’une, qu’en écrivant au roi il fallait choi-sir son papier, et rédiger la lettre de manièreà ne jamais tourner le feuillet, sans quoi onlui donnait beaucoup d’humeur ; il s’embar-rassait fort peu du reste de l’usage qui règleles intervalles à garder selon les rangs. L’autrecirconstance, c’est que tout maître de postequi faisait partir des lettres pour le roi yjoignait une feuille où ces lettres étaient dé-signées et numérotées, et où se trouvait l’a-dresse de ceux qui les avaient écrites ; caril ne fallait pas se borner à jeter ces lettresdans la boîte : on était obligé de les remettredans l’intérieur du bureau, et d’y donner sonadresse. Toutes ces précautions avaient deuxobjets : l’épargne du temps, et le désir de n’êtrepas trompé. Pour le premier de ces deuxpoints, Frédéric avait atteint son but aussibien qu’il était possible; mais, pour le se-cond , il ne put parvenir qu’à être moins