g8 FRÉDÉRIC-LE-GRAND ET SA FAMILLE.
nions des deux princes, et du mot cruel par le-quel le roi termina cet entretien : en effet, etpour ce dernier article, ne doit-on pas présu-mer qu’en ce moment Frédéric crut ne pouvoirs’exprimer avec trop de dureté, non pas queles sentiments qu’il manifestait de cette sortefussent réellement dans son cœur, mais parce-qu’il jugeait ne pouvoir mettre trop d’énergieà imposer silence à ses parents , en leur fai-sant craindre ses reparties, et à en imposer àses ennemis, en les convaincant qu’il était dé-terminé à tout ? Et quant au fond des opinions,peut-on ne pas admirer ces deux frères ? Quelserait donc celui que l’on blâmerait ? Le princeavait pour lui les apparences, les règles de laplus saine raison, le cri de toute sa famille, etla désolation des peuples : l’homme sage, sen-sible et réfléchi peut-il ne pas céder à tantd’autorités réunies ? Le prince, vu son caractèreet son attachement pour le roi, fit par sa dé-marche même un acte héroïque, l’acte le pluspropre à le faire estimer et chérir. Mais le roiavait-il tort? Qui oserait le dire ? Qui pouvaitsentir comme lui l’inconvénient d’une démar-che humiliante, faite même indirectement en-vers la France ? Qui mieux que lui savait quelle