ULRIQUlî.
de suite, et je craignais que la reine ne s’impa-tientât. Dans ces circonstances, je me déter-minai à confier une partie de mon secret àM. Lobegeois, secrétaire du chargé d affaires deFrance , jeune homme que j’avais obligé, et surlequel je pouvais compter. U s’arrangea de ma-nière à pouvoir venir chez moi les journéespresque entières. Je lui dictai l’ouvrage, ayantmes notes sous les yeux ; et au bout d’environquinze jours, ce travail fut fini : de sorte quela première fois que j’eus ensuite l’honneur defaire ma cour à la reine, je lui rendis comptede ce que j’avais fait, et lui dis qu’il ne merestait qu’à recevoir ses ordres pour l’emploiqu’elle désirait qu’on fit de cet ouvrage. Elleme témoigna être fort satisfaite de ce que jelui annonçais; me demanda le manuscrit, surlequel elle fit quelques légers changements, etme le rendit, pour le faire imprimer chez Sa-muel Pitra ; mais en exigeant sa parole d’hon-neur que l’on ne saurait jamais par qui il avaitété composé, que le même voile couvrirait lelieu de l’impression, et, enfin, qu’aucune in-discrétion ne pourrait faire soupçonner à per-sonne au monde quelle eût eu la moindrepart à cette publication, ou même quelle en