a68 FEEDEK1C-LE-GUAND ET SA FAMILLE.
» renverser et enfoncer cette barque sous les» eaux. Le pauvre pasteur, ne pouvant plus se» tenir debout, s’assit , se cramponna aux«deux bords, et s’écria: Malheureux , que *» faites-vous ? Est-ce donc que vous voulez me» noyer?... — Ha, ha ! monsieur, répliqua le» pêcheur, c’est ici mon consistoire , où je laved la tête à mon tour. — Madame, mon consis-» toire a eu lieu dans le salon; ici, c’est lecon-» sistoire de votre majesté : là , elle a daigné» m’entendre avec indulgence et bonté ; rien» ne peut donc me dispenser du respect avec» lequel je dois également écouter ici ce qu’elle«juge à propos de me dire. Votre majesté est«dans son consistoire, et je me tais.» Cettehistoriette vint à merveille : elle fit rire, ettout fut oublié. C’était toujours par des toursd’adresse de cette sorte que M. Formey se ti-rait d’embarras, lorsque ses inconsidérationsl’avaient porté trop loin. Il était très étourdi,mais il avait d’heureuses ressources ; et le mal-heur était qu’on pouvait plus difficilement lecopier dans ses ressources que dans, ses étour-deries.
Il fit une dernière faute la veille du départde la reine, jour où nous fûmes tous invités