fl84 FftÉDÉRIC-LE-GRAWI) ET SA FAMILLE.
et l’occupe d’images flatteuses : on ne prendpas le rêve pour la réalité, mais ce rêve estagréable, et il suspend nos maux. L’âme do-lente et accablée y trouve le moyen de se dé-rober de temps en temps à elle-même: onrespire pendant ces répits, et c’est beaucoup.J’ai vu des femmes, surtout de celles dontl’imagination était la plus active, qui jamaisn’ont cru à ces absurdités, et qui y consacraientparfois des heures entières. Les personnes decette trempe se font dire la bonne aventuredans les temps d’agitation, comme aux époquesoù leur sensibilité est plus calme elles font deschâteaux en Espagne ; et elles ne croient pasplus à l’une qu’aux autres.
3° Mais la princesse Amélie était-elle au-*torisée par son frère à interroger le sort surles destinées futures de ses états ? Il est im-possible d’aborder sérieusement une questionaussi folle. Frédéric n’a eu à aucune époque,et sous aucun rapport, un instant de cettefaiblesse d’esprit qui, chez un homme, se-rait une véritable imbécillité. Ce n’est passur d’aussi misérables appuis qu’il se fondaitpour résister aux instances de sa famille , etpour deviner ou prévenir les desseins secrets