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Tome deuxième.
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Jj A PRINCESSE AMÉLIE DE PRUSSE. 283

Dans cette supposition plus que vraisem-blable , et qui s’accorde si parfaitement avec lesfaits, quelles ont dû être les dispositions duroi ? N’a-t-il pas dû se dire : « Ma pauvre soeur,«autrefois si belle et si aimable, aujourd’hui» défigurée et malheureuse, ne l’est que par» moi! montrons-lui combien je la plains, com-» bien je souffre de ses peines ! Que mon amitié«la console autant qu’il est possible des maux« que je ne puis adoucir ! Ma sœur d’ailleurs»ne le mérite-t-elle pas? Qu’on en juge par sa«résignation au milieu de ses souffrances, et«par l’attachement qu’elle m’a voué. » Je nepense pas qu’il soit possible de connaître Fré-déric, et de le juger en cette circonstance au-trement que je ne le juge !

2 ° Que la princesse Amélie ait pu faire ap-peler et écouter les vils charlatans qui nousparlent de l’avenir, je n’en suis pas étonné :c’est un piège où tombent ordinairement lespersonnes sensibles et souffrantes, auxquelles ilne reste plus d’espoir : la rectitude de l’espritne suffit pas pour les retenir ; elles seraient in-crédules, quelles se laisseraient encore entraî-ner : ce n’est pas persuasion , c’est une illusionqui du moins berce momentanément notre âme