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tout le monde à la fin redoutait singulière-ment cette princesse. Le prince Henri lui-même en était venu jusqu’à parler fort malde cette sœur, et cela hautement et dans toutesses sociétés. Avait-il eu quelques sujets des’en plaindre ? c’est ce que j’ignore. Mais ilne me l’a jamais nommée sans y joindre lenom de fèe malfaisante, ou autre épithètesemblable. Pour moi, je n’ai jamais rien pudécouvrir qui justifiât les idées du prince etde la cour.
On n’aura pas de peine à concevoir quecette princesse, infirme comme elle l’était de-venue, et redoutée de tout le monde d’aprèsla réputation qu’elle avait, devait vivre trèsretirée et presque sans société. On ne la voyaitjamais à aucune cour : elle-même recevait fortpeu de monde. Il est très vraisemblable quesans le voyage de la reine douairière de Suède je n’aurais jamais eu l’honneur de l’approcher:encore à cette époque, et si j’en excepte savisite à la duchesse de Brunswick, ne F ai-jevue que chez elle : je ne pense pas que demon temps elle soit allée chez aucun de sesfrères. Sa cour était composée de madame deMaupertuis, sa grande gouvernante, bonne