Band 
Tome deuxième.
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307
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LA DÜCIIESSE DE BRUNSWICK, CtC. 00’]

» — Moi, sire, faire des vers ! Eh! comment le«pourrais-je? — Mais , mon cher , il faut bien» commencer. —■ Et sur quoi votre majesté or-» donne-t-elle que je fasse ces vers?— Sur ce» que vous voudrez. Il n’est pas ici question des«pensées : mon objet est de vous familiariser«avec les règles que je vous ai expliquées;«ainsi peu importe le sujet dont vous vous» occuperez. — Et combien de vers votre ma-«jesté veut-elle 'que je lui apporte demain?» — Quatre, six, huit, dix , selon ce que votre«sujet vous fournira. Il ne faut point vous«gêner à cet égard. »

Mon jeune prince , rentré dans son apparte-ment au château de Potsdam , c’est-à-dire aurez-de-chaussée, sous l’appartement du roi ',passe une heure au moins à se dire : « Quatre» six, huit, dix vers, comme vous voudrez ,» sur tel sujet qu’il vous plaira ! Et de quoi» puis-je donc lui parler ? quelle pensée choisir?» quels vers lui faire ? » Il se promenait à pasirréguliers , et s’arrêtait quelquefois à contem-pler une sentinelle qui se promenait noncha-lamment sous ses fenêtres; il lui portait envie,

1 L’appartement de Voltaire.

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