3o8 FRÉDIilUC-LE-GR AND ET SA FAMILLE,et se replongeait dans toutes ses peines. Enfin,dans un mouvement subit d’impatience, ils’écria : Ahl c’est trop d’ennui! Et cette ex-clamation, lui offrant une idée, le tira de sonangoisse: « JJ Ennui, se dit-il, pourquoi ne»pas le peindre? n’est-ce donc pas un sujet» poétique? Divinité implacable et cruelle , fille» de l’enfer, née pour être l’ennemie du genre» humain ! monstre hideux , tout couvert de» crêpes , avec ses ailes de chauve-souris , où» ne pénètre-t-il pas ? quels sont les cœurs» qu’il ne parvient pas à flétrir? » Telle estl’image qu’il cherche à rimer, et qu’il met lelendemain sous les yeux de sa majesté, en unestance de dix vers. Le roi lut ces vers avecbeaucoup d’attention; mais arrivé au dernier,où l’on disait,
«.Et même
Voltige sous le dais des rois, »
le précepteur devint sérieux et sévère, imagi-nant que ce vers pouvait être une épigramme.« Monsieur, lui dit-il, que signifie ce vers ? »Le jeune prince lui répliqua, avec.la vivacitéqui lui était si naturelle : « Eh oui, sire, j’ai»vu votre majesté bâiller en donnant audience