344 FHÉDJÉRIC-LE-GRAWD ET SA FAMILLE.
au gouverneur de la ville , le générai Ramin ,espèce de rustre aussi dur que borné et malappris, homme qui ayant crevé un oeil à unsoldat, en le frappant avec sa canne pour unefaute légère dans l’exercice, lui avait donnéune pièce de vingt-quatre sous, en lui disant :Je t’ai cassé un carreau de vitre; tiens, en voilàle prix. Or , dans cette visite, Buddenbrock,qui ne passait pas pour l’homme le plus véri-dique du monde, dit à Ramin que le princeFrédéric-Auguste de Brunswick avait fait en-tendre au roi quela garnison de Berlin était bienéloignée de manœuvrer aussi bien que celle dePotsdam , et qu’en général elle était fort maltenue. Le dimanche suivant , Ramin, aprèsla parade et au moment de donner le motd’ordre à tous les corps, s’adressa à M. deSchirstedt, aide-de-camp du prince absent ,jeune homme généralement estimé et aimé ,parcequ’il méritait de l’être à tous les titres,et lui dit : « Votre prince a dit au roi que nous» manœuvrions mal, et que la garnison de« Berlin était mal tenue ; il n’y a que son régi-» ment qui soit mal discipliné, et je vous mets«aux arrêts jusqu’à ce qu’il le soit mieux. «Schirstedt alla aux arrêts, et écrivit au prince.