LE COMTE DE IC AME ICE. 47
gentilshommes de sa province ne devait pas de-venir le dernier comte du royaume.
M. de Kameke quitta le service; et commepar les terres qu’il possédait en Westphalie , enPoméranie et en Brandebourg, il avait une for-tune immense, il obtint la charge de grand maîtrede la garde-robe , sous la clause néanmoins den’en jamais faire les fonctions. Ce fut alorsqu’il alla épouser sa belle comtesse, qui dail-leurs avait un mérite rare, ainsi que je l’aidit en l’article du prince Henri , et qui parconséquent méritait bien tout ce que sonamant fit pour l’obtenir. Elle méritait plus ;elle méritait d’être heureuse, et elle ne le futpas. Son mari, vain , fastueux, libertin , avaitplus de prétentions que de savoir et de déli-catesse. Non seulement il eut des maîtresses,mais il alla jusqu’à demander que son épouseeu reçut une chez elle. La comtesse refusaavec autant de fermeté que d’indignation; etde là rupture ouverte. Lorsque, assez long-temps après, le prince royal épousa sa cousine,la princesse de Brunswick, M. de Kameke,plus orgueilleux que repentant, fit paraîtredevant la porte de sa femme, et au momentou elle allait partir pour assister à Charlotten-