Band 
Tome troisième.
Seite
108
JPEG-Download
 

courtisans:

108

un pays étranger. Dès le lendemain il vintune carte de visite de sa part pour ma femme,et cette carte fut suivie d’une invitation pourle souper du jour suivant. C’est ainsi que com-mença une liaison dans laquelle madame duTroussel ne fit d’abord que partager la tendreamitié que son mari avait pour moi, mais àlaquelle elle ne tarda pas à mettre encoreplus d’activité et de démonstration que lui.

Etant jeune , et jusqu’à son second mariage,elle avait eu la réputation d’une personne plusgaie que sévère ; on prétendait même qu’elleavait débuté dès l’âge de treize ans, étant damed’honneur de la reine-mère, par une sorte deliaison qui avait eu quelque éclat, et l’avait obli-gée de se retirer chez sa mère. Peu après cetteaventure vraie ou fausse la belle de Schwerin avait épousé un M. de Kleist, chanoine pro-testant à Brandebourg ; ce chanoine était unhomme aimable, mais peu riche. Son canoni-cat ne pouvant leur suffire qu’en s’astreignant àrésider dans cette dernière ville, ils y vécurentpendant quelques années. Mais le mari étaitambitieux; l’épouse ne l’était pas moins : tousdeux s’ennuyèrent de n’être pas à la cour.M. de Kleist se jeta dans de grandes entreprises