MADAME DU TROUSSEE. IO7
struit qu’elle de la même aventure, l’eût enfindétrompée.
Lorsque madame du Troussel nous offritdu café après le dîner, elle me dit qu’elle sa-vait que jusqu’à son mariage j’avais témoignéde l’amitié à son mari ; que cependant j’avaisdiscontinué de le voir ; quelle serait très affli-gée d’avoir fait cesser une liaison dont ils dé-siraient également tons deux la durée; quelleespérait que ce ne serait pas elle qui m’y feraitrenoncer, et qu’elle aimait au contraire le plusgrand plaisir à me recevoir aussi souvent queje pourrais venir chez elle. Ce fut en consé-quence de cette honnêteté , que, quatre oucinq jours après, j’allai lui faire une visite peuavant la nuit : j’en fus reçu de la manière laplus gracieuse. Au bout d’un quart d’heure ,lorsque je voulus me retirer, elle parut sur-prise et fâchée que je ne restasse pas à souperavec elle et son mari. Elle me demanda sij’avais quelque engagement, et chez qui j’étaise ngagé : je lui déclarai alors que je m’étaishait une loi de ne point condamner à la soli-tude, surtout dans les longues soirées d’hiver,une épouse qui avait quitté parents, amis etpatrie, p our V enir avec moi se confiner dans