V O Y A G E U R S
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Le prince Adam Czertoriski vint, au prin-temps de 1767 , voir les revues et manœuvresprussiennes : il y vint en vraiseigueur polonais,et cousin d’Auguste . Son train était grand et sadépense magnifique, comme devait être celled’un homme qui avait cent mille ducats de re-venus. Il était extraordinairement instruit : ilparlait avec une égale facilité , outre le grec etle latin, le polonais, le russe, l’allemand, l’an-glais, le français et l’italien. On aperçut, lors-qu’il visita la bibliothèque publique, que nonseulement il connaissait très bien les ouvra-ges estimés, dans quelque science ou quel-que genre de littérature que ce fut, maisque même il en connaissait les diverses ouprincipales éditions. C’est, disait-on, un biblio-graphe savant et consommé. Plusieurs de ses do-mestiques, laquais, palefreniers ou coureurs ,étaient de pauvres gentilshommes polonais ,qui ne tenaient qu’à un seul privilège, celuide ne recevoir des coups de canne ou de bâ-ton que couchés sur un matelas. Il m’offrit laplace de directeur des cadets de Varsovie , avecdes appointements triples de ceux que j’avais àBerlin : la suite a prouvé que je fis très bien dene pas accepter cette offre.