A. BERLIN.
l/|5
Il y a près de quarante ans que feu M. lechevalier de Solignac, secrétaire et ami du roiStanislas , et madame son épouse m’ont ra-conté et affirmé le fait qui suit : prêts à partirde Paris pour retourner en Pologne , lorsqu’a-près le mariage de Louis XV la cour de Francefit semblant de vouloir replacer Stanislas surle trône qu’il avait perdu , la maîtresse de ftiô-tel d’Espagne , où ils logeaient, rue du-Colom-bier, vint les conjurer d’interposer leur créditen Pologne pour lui faire payer dix mille francsque lui devait un seigneur de ce pays, dont elleieur présenta le billet. Cette dette était déjà an-cienne , et à quelque moyen qu’elle eût eu re-cours, cette pauvre femme n’avait pu obtenirle plus léger à-compte. Comme le débiteur étaitun seigneur très connu , riche d’ailleurs, ma-dame de Solignac promit de le déterminer às acquitter. Cependant, pour plus desûreté, eliese fit donner par l’hôtesse, et en échange d’unecontre-lettre, une quittance en bonne forme,portant que madame de Solignac, connaissantle débiteur et ses principes d’honneur et deprobité, avait bien voulu acquitter la sommetotale, et, en accepter la délégation. On sait avecquel enthousiasme les Polonais revirent le bon
>11.
10