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lorsque la princesse d’Achkoff passa par Gotha ,et s’y arrêta quelques jours, en revenant deParis avec son fils. Cette princesse était fu-rieuse contre la France et les Français : l’aven-ture mortifiante qu’elle venait d’avoir aux Tui-leries n’était pas de nature à s’oublier de sitôt,surtout chez une personne aussi fière, aussihautaine, et aussi ardente qu’elle dans toutesses passions. Cette princesse, forte comme unhomme, marchant toujours à grands pas, latète haute, ayant le regard hardi et impérieux,et loin d’ailleurs d’être belle, s’était rendueaux Tuileries , par un temps qui y avait attirébeaucoup de monde, et elle venait de s’y asseoirlorsqu’elle fut reconnue par quelqu’un, qui ,en l’apercevant , s’écria : Voilà la princesserusse qui a fait étrangler Pierre III . On con-çoit que ce mot, passé de bouche en bouche ,eut bientôt fait former un cercle épais autourde la princesse, qui, à la fin, en fut décon-certée. Parmi ceux qui la serraient de plusprès se trouva un chevalier de Saint-Louis ,joignant à l’air d’un homme bien né une phy-sionomie un peu austère. Ce fut à lui quelles’adressa pour avoir raison de cet attroupe-ment : « Monsieur, lui dit-elle, qu’avez-vous