168
VOYAGE URS
» donc tant à me considérer ? — Madame, ré-» pondit-il,, je vous demande bien pardon;«mais je vous regarde, et ne vous considère» pas. » A ce mot, elle se lève en fureur, fendla presse, se rend chez elle, demande des che-vaux de poste, et arrive à Gotha.
M. l’abbé Raynal, dans la position où il setrouvait, n’eut pas grande peine à pardonnerà madame d’Achkoff la mauvaise humeurquelle manifestait contre la France , ayantd'ailleurs dessein de profiter de son arrivéepour se faire voiturer plus loin. En effet, ilsut si bien faire sa cour, que madame lui offritdans sa voiture une place qu’il s’empressad’accepter pour jusqu’à Berlin , où il disait êtreattendu, et d’où il promit à madame la du-chesse de Gotha de revenir sous peu de mois.
En arrivant à Berlin , la princesse envoyademander comment se portait le prince Dol-gorouky, ministre de Russie en Prusse ; et ceprince, à son tour, alla faire une visite à sacompatriote, et la pria à dîner pour le lende-main, avec son fils et son compagnon devoyage. Il envoya en même temps prier , pourle même repas , MM. de Lagrange, Formey ,Mérian et moi.