A. BERLIN.
» eu de faux renseignements ; aujourd’hui je suis«bien détrompé à cet égard ; je sais que M. de» Launay est un très digne et très galant homme,»et je me ferai un vrai plaisir de faire et de» cultiver sa connaissance. Fort bien, M. l’abbé;
» mais puisque vous avez été entièrement dé-» trompé, dites-moi comment vous avez pu ne» pas supprimer cette calomnie dans la seconde» édition que vous venez de faire. — J’ai eu» vingt fois la plume à la main pour changer» ce passage, et cependant j’ai fini par le laisser«tel qu’il est, parceque j’ai craint qu’on ne me» soupçonnât de lâcheté. » M. de Launay, con-formément à son caractère bienveillant, décidaque si l’abbé se présentait, il serait reçu poli-ment , à condition toutefois qu’il ne parleraitpas de son livre.
Deux jours après, nous l’eûmes pour con-vive : un motif particulier contribuait à cetempressement. M. l’abbé songeait à s’établir àBerlin d’une manière peu coûteuse , agréable,et propre à lui donner quelque relief. Il avaitdéjà trouvé un gîte qui l’avait sauvé de l’au-berge , et qui ne lui coûtait rien , chez unbrave et honnête libraire , nommé M. Piltra :c’était beaucoup de vivre aux dépens d’au-