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VOYAGEURs
amis, et ne reparut que le lendemain aprèsdéjeuner. A dater de ce moment, l’abbé n’eutplus que de l’humeur.
En traversant le Brisgaw pour gagner Bâle (l’abbé n’osait pas encore reparaître en France ),ils rencontrèrent un voyageur ayant une voi-ture à lui seul, et se rendant chez lui à Neuf-châtel. L’abbé lui parla à l’un des relais; etquand on fut à Bàle , il annonça à M. de La-liaye, qu’étant excessivement échauffé par levoyage, et ayant de cruelles douleurs de reins,pour lesquelles il fallait qu’il prît des bains, ilétait forcé de le quitter, et de prendre uneplace dans la voiture de ce monsieur, pour serendre directement à Neufchâtel. « Vous en» êtes bien le maître , monsieur l’abbé ; je suis» seulement fâché que ce soit pour une cause» semblable. Nous allons finir nos comptes. »Là dessus il tira la bourse de voyage , la vidasur la table, compta les ducats qui y res-taient , préleva ce qu’il devait en coûter pourfrais de poste jusqu’à Lausanne , en allant àZurich, Berne , Neufchâtel et Fribourg, ainsique le marché avait été fait, et partagea lereste en deux parts égales , et en présenta uneà M. l’abbé Ravnal. « Que faites-vous donc ?