voyageurs
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J’ai dit et tout le monde sait combien l’abbéRaynal aimait à conter,.et comment il voulaitêtre écouté. Un jour qu’il devait dîner ennombreuse société chez M. de Launay, les septdames qui s’y trouvaient , et dont trois viventencore, craignant les importunités de l’abbé,qui ne cessait de leur prendre les mains et deles baiser, et qui de plus voulait qu’on fûttoujours bouche béante à l’entendre, formè-rent le complot de ne point se séparer, et dese mettre toutes les sept de fde dans la partiede la table opposée à celle où serait cet abbé,projetant de former entre elles une conversa-tion particulière, et tout-à-fait indépendante dece que l’abbé pourrait dire. Au scandale de cedernier, ce projet fut exécuté dans tous sespoints : les sept dames cependant causèrentassez bas entre elles pour ne point gêner laconversation des vingt hommes qui étaientrangés de file tant à leur droite qu’à leur gau-che. Mais cette discrétion ne suffisait pas àM. l’abbé : il était indigné, il trépignait, il sedépitait de voir qu’aucune d’elles ne fit atten-tion à lui : il finit même par ne pouvoir plusy tenir, et frappant avec force de la main surla table, il s’écria : « Paix là- bas , mesdames ,