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Tome troisième.
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VOYAGE UES

quiconque en usurpe le nom, et en porte lalivrée, sans en avoir l’esprit et les qualités; et

définie, même l’apparence de l’équivoque ou de la dé-clamation; et par conséquent de déclarer avec précisionce que j’entends par ce mot philosophe. J’aperçois d’a-bord qu’on est philosophe par l’esprit ou par le cœur ;Aristote, Descartes, Newton, Leibnitz , Buffon, étaientphilosophes , mais ne l’étaient pas comme Socrate , Mon-taigne , Charron et J.-J. Rousseau: là, nous ne voyons ,pour ainsi dire, que des études, des connaissances re-marquables par l’étendue de leur sphère, et par un ca-ractère sublime d’utilité générale ,• plus encore que denouveauté : ici, nos regards s’arrêtent sur ce qui tientaux mœurs , à la conduite, aux principes dirigeants, etsurtout aux habitudes. Un homme oublié depuis long-temps (le père Guénard) disait à l’académie française,il y a près de cinquante ans ( IÇ56 ), qu’il découvraitdans l’esprit philosophique trois traits constitutifs et dis-tincts : l’esprit de recherches , le génie d’observation, etla hardiesse (ou la liberté ) de penser. Selon lui, la jus-lesse T du raisonnement, la clarté des idées, et toutes lesautres qualités qui font les bons esprits , sont ici présup-posées , mais ne sont pas caractéristiques. Si maintenantnous examinons ce qu’il faut pour être philosophe sousle rapport de la moralité ^ nous éprouverons une plusgrande difficulté, en ce que nous n’avons aucun auteurqui traite directement cette seconde question. Les mora-listes nous ont bien dit quelles sont les qualités qui fontl’honnête homme, l’homme vertueux, le grand homme;