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Tome troisième.
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V BEllT.IN.

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pour s’assurer que je n’ai pas tort, que faut-ilde plus, que de calculer le mal que les faux

mais tout cela n’est pas exactement ce qu’on entend parle mot philosophe. Si j’ai recours aux idées les plus réflé-chies que je me sois formées à ce sujet, je trouve encore surce point trois qualités dominantes et essentielles r l’amourinflexible de la vérité, l’indépendance de toutes les erreursou de tous les préjugés vulgaires , et le courage de sup-porter avec calme les accidents de la vie. Si l’on réunitces trois dernières qualités à celles qui tiennent à 1 esprit,on aura un vrai philosophe, dans toute lalatitude que cemot peut nous offrir. C’est à ce modèle, je l’avoue , queje remonte toujours lorsqu’il s’agit d’apprécier les écritsou les traits de caractère que l’on vante comme philoso-phiques. En isolant les qualités précieuses que j’ai indi-quées ci- dessus, on en fait des principes désastreux, sour-ces de malheurs pubblics et particuliers. On m’objecteraque, d après la doctrine que je professe, je ne dois re-connaître parmi les hommes que bien peu Ae. philosophes.— Oh ! bien peu sans doute ! J’ai rencontré beaucoup depersonnes qui affichaient la hardiesse de penser, maispresque toujours au profit de l’extravagance ou de l’intri-gue : j’en ai rencontré beaucoup qui se vantaient demépriser les préjugés; mais ce mépris n’était le plus sou-vent qu’un masque plus commode, destiné à cacher ledéfaut de principes , à légitimer des vices honteux, ou àdéguiser le plus misérable et le plus sot orgueil. Le génied’observation d’une part ; et de l’autre, l’amour courageuxde I a vérité, voilà ce qui manque presque à tous les