20 J
d’attirer sur la plus respectable autorité qu’ily ait en ce monde. C’est d’après ces principesque j’ai cru devoir parler comme je l’ai fait del’abbé Raynal, l’un des hommes qui, dans lesderniers temps , ont le plus généralementpassé pour philosophes, et qui l’ont été lemoins.
Deux autres Français nous arrivèrent enmême temps de Paris : un garde-du-corps,voyageant pour son plaisir, et le célèbre acteurLe Kain , attiré surtout par les invitations duprince Henri. Le garde-du-corps, dont je neme rappelle pas le nom, était fort poli, bienné, et ayant tout ce qu’il faut pour plaire par-tout: ce qu’il avait de singulier, c’est qu’il voya-geait sans domestique, toujours avec son che-val d ordonnance , qu’il appelait son premierami, et qu’il soignait lui-même. Il voulut abso-lument nous donner à Berlin un somptueuxdîner à quarante couverts, et dont M. Le Kain fut en quelque sorte le héros. Au reste, Le Kain fut en cette occasion tout ce que peut être demieux l’homme simple, naturel, et dirigé parle bon sens, la convenance et la plus louablebonhomie. Il satisfit également tous es con-vives sous tous les rapports; il n’y eut pas plus
\