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de goutte violente avait déterminé le renvoide ce témoin incommode.
L’année suivante, après le carnaval, arrivaà Potsdam un musicien italien, très habile à jene sais plus quel instrument. Le colonel comte dePinto, qui l’entendit, en fut si émerveillé, que,dînant chez le roi, il le vanta comme un vir-tuose extraordinaire. « Eh bien ! puisqu’il est si« grand musicien , dit Frédéric au comte de«Pinto, amenez-le ce soir à mon concert. « Lecolonel fut enchanté de ce résultat, et le mu-sicien encore plus. A son arrivée chez le roi,celui-ci se mit à parler de musique, en se pro-menant avec lui dans la salle de concert ; etcette conversation et la promenade durèrentl’heure entière, de sorte que le concert n’eutpas lieu ce jour-là. Mais quelle fut la sur-prise de cet Italien , si content de sa^ soirée,de recevoir le lendemain matin un messageportant qu’ayant fait et vu à Potsdam tout cequ’il avait eu à y voir et à y faire, il lui étaitordonné d’en partir dans le jour, et de conti-nuer sa route. — Le roi savait que c’était en-core un émissaire de Joseph II ; et comme il seportait fort bien , il eut la malice de marcherune heure entière avec autant d’aisance qu’un