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VOYAGEURS
le connaître. Le marquis fut très mortifié decet ordre, à l’exécution duquel il aurait bienvoulu se soustraire.... « Qu’ai-je donc fait, s’é-» criait-il, pour essuyer cet affront? On me dés-» honore, et je ne l’ai point mérité! D’ailleurs j’ai»ici des dettes, et j’attends des fonds pour les«payer : le roi veut-il donc que je fasse ban-» queroute à ses sujets? » M. Philippy fut embar-rassé à cette dernière question : il n’osa pas or-donner la banqueroute, et il accorda un délaide quelques jours. Il fit part de cet incident àsa majesté, et demanda.ses ordres: le roi ré-pondit que cet étranger eût immédiatement àremettre l’état exact de ce qu’il devait à Berlin .L’Italien fournit un état montant à deux centsducats : Frédéric lui en fit compter la moitié,en disant que cela suffisait pour acquitter tout cequ’il devait, et que sans autre délai il partît dès lelendemain matin. Ainsi le roi savait au juste lemontant des dettes de ce marquis : il savait deplus que c’était un espion envoyé par Joseph II ,pour être bien et promptement informé de lasanté de ce vieux monarque, dont on désirait sivivement la mort à Vienne. Il avait souffert quecet espion séjournât dans sa capitale tant qu’ils’était bien porté: mais la crainte d’une attaque